Vendredi, septembre 15th, 2006
Nous ou Je ? Nos dettes sont tellement irremboursables qu’il vaut mieux les partager
A. Petitat, Secret et formes sociales, p.11
Cette question que se pose Petitat et dont il donne sa règle, il est sans doute nécessaire de se la poser dès que l’on souhaite porter une certaine attention à la stylitique de nos écrits. Il y a plusieurs clans : les intégristes du je, les traditionnalistes du nous, les quandçameplaitistes de la mixité et les nihilistes ni-l’un-ni-l’autre. Si l’assemblée rassemble quelques étudiants avancées (vous pouvez savoir cela en regardant le prix du vin et la marque des chips, pas la peine de faire un tour de table), le je-nous-isme est la conversation qui peut faire commencer une soirée sous les bons hospices de la conversation à haut taux de dérapage. Ceux qui ont déjà subit la discussion se diront sûrement : “oh non encore une discussion à propos du je-nous”.
J’ai tenté le “nous” intrégral en licence mais la plupart des travaux étaient collectifs et donc il était sincère. En maîtrise dans un certain élan je m’étais imposé la première personne du singulier et la disparition du verbe “être”. Finalement, c’était pas tenable, je suis. Mais il faut le cacher. Le “je” partout a tendance à rendre le discours laid et selon les psycho-sociologues c’est la marque linguistique de la dépression*. La remarque de Petitat est certainement vrai sous certaines conditions seulement. Quand il s’agit de raconter l’histoire d’une idée ou d’une pensée par exemple. Par contre, il y a quand même quelque chose de monstrueux à écrire “nous pensons que”. Et je sais bien que d’autres l’ont fait avant. Ce n’est pas une excuse pour autant. Dans la mesure où il s’agit d’un texte expliquant une pensée personnelle, je crois qu’il est possible d’introduire un “je” ou des références à une individualité précise (”il me semble que”). Personnellement, ce n’est qu’une question de modestie que d’autres pourront utiliser comme un argument contradictoire : je suis modeste donc je m’inscris dans une tradition donc dans une assemblée de voix. Mais alors si tout le monde dit la même chose alors est-ce que la voix n’est pas unique et singulière ? Chacune des positions se tient.
La dernière possibilité est certainement la plus élégante même s’il n’est pas toujours d’appliquer la rêgle, c’est encore le meilleur moyen d’évacuer le problème. De plus les formulations sans auto-références (pluriel ou singulière) ont l’avantage d’être plus fluide mais c’est sûr ça fait moins égoiste. S’imposer des rêgles d’écriture est peut être ce qui me semble être la meilleure approche pour apprendre à écrire (c’est mon côté oulipien) et donc à ne plus souffrir du langage mais à s’amuser avec.
Le tout, c’est de ne pas avoir l’impression de parler tout seul.
* : La recherche des références de l’article sont en cours.
Finalement, j’ai craqué. Face au problème de l’espace public, je me suis dit qu’il y avait quelque chose qui me manquait pour comprendre la portée du discours de J. Habermas. C’est un défaut assez chronophage, je préfère accordé le bénéfice du doute aux auteurs, notoriété ou non, que je ne comprends pas. Comme je m’étais résolu à dépasser mon préjugé sur l’auteur, j’ai entamé l’escalade du mont en question. Escalader un mont vivant a quand même quelque chose d’étrange.
Voici donc quelques premières impressions sur Théorie de l’agir communicationnel [TAC1 et TAC2] et de son introduction bien nommée : Vers la problématique de la rationalité [TAC1, p. 17-157]. Je vais beaucoup paraphraser mais en même temps je raccourcis, je prie donc mon lectorat tout virtuel de son état de ne tenir compte des inexactitudes et des erreurs de compréhensions que si elles posent un mauvais départ dans la lecture d’Habermas. Ce travail de compte-rendu sera certainement plus bénéfique que les habituelles suites de citations.
Continued reading >
Inauguration d’une série de plusieurs épisodes dans la catégorie ethno-nombrilisme et qui sera consacrée à quelques bonnes techniques pour ne pas perdre un peu d’un temps pas si précieux. Nous utiliserons un indicateur de pondération assez simple : le Temps de Non-Avancement (TNA) qui peut être une durée ou un intervalle. Que faire quand on ne sait pas quoi faire pendant qu’on sait ce que l’on doit faire ? Comment glander sans en avoir l’air ? Quelle est cette matière-noire de la recherche ?
Continued reading >
Lundi, juillet 31st, 2006
Confirmation à Evan M. (C.F. participants), qui a fini son année scolaire lui, du maintien de mon piquet de grève tant que je serais le seul à avoir écrit sur ce site (modulo un commentaire sur Secret et formes sociales dès que je l’aurai reçu).
Possibilité d’obtenir son adresse mail pour envoi de protestation.
Comme promis, trois petits articles de recherche des séminaires de philosophie. La sociologie attendra un peu un peu plus de certitudes. Ca vaut pas de l’or mais ça pourra sans doute aider ou donner des idées à quelqu’un.
J’assure la discussion mais pas le service après-vente. Dans le cas d’une utilisation un peu frauduleuse, n’hésitez pas à relire : pas la peine de me remercier pour les fautes de français.
Il y a certainement des idées plus lumineuses et éblouissantes que de démarrer un weblog quelques semaines avant de partir sur un terrain éloigné de toutes formes de civilisation et qu’au retour d’élir domicile dans une bibliothèque universitaire. Une activité rédactionnelle peut être plus consistante à la fin du mois de juin peut-être et également, enfin, un autre intervenant.
En attendant, je mettrai sans doute en ligne les travaux achevées de cette année.
L’Institut National de l’Audiovisuel a lancé très récemment un programme de diffusion publique de ses archives en ligne : Archives pour tous.
Passons les détails techniques. L’INA a décidé de miser sur un modèle économique de payements à l’acte allant de 1 € (Actualités et informations de moins de 10 minutes) à 6 € ou plus (divertissement etc. de plus de 30 minutes) pour les téléchargements définitifs sour la forme de fichiers au format DIVX. La double entrée est le type de contenu et la durée du matériel. Le prix concerne en partie les coûts de fonctionnement et les ayant-droits locaux.
La visualisation sur le net est quant à elle gratuite mais soit sur de courts extraits soit en totalité des documents.Ce qui laisse toute même la liberté de se plonger dans le patrimoine audiovisuel et la richesse des fonds de l’INA déjà mis en ligne (10 000 heures d’archives pour le moment).
Il faudra voir comment se réalise dans les faits cette hybridation entre gratuité de la visualisation et monétarisation des téléchargements.
Dans le même style, je vais continuer à pourrir ma bande passante sur ubu web.
Vendredi, avril 28th, 2006
Quand l’une des personnes dont j’ai le plus de plaisir à lire les soubresauts textuels parfois colériques, parfois chimériques, parle dans un livre qui semble tout aussi prometteur de sa raison d’écrire, je me dis qu’on devrait parfois demander plus souvent aux gens avec quelle passion ils écrivent.
Bien que journaliste, je suis plus rat de bibliothèque que baroudeuse : le terrain d’enquête sur lequel je m’épanouis le mieux, ce sont les textes. J’aime plus que tout y collecter des indices concordants, écouter des résonances qu’ils font naître avec de précédentes lectures, mettre au jour la cohérence cachée qui se dessine ainsi. À mes yeux, un livre, ou même un simple article de presse, n’est pas terminé une fois publié : il attend qu’on le cite ou qu’on l’exhume à propos, et surtout qu’on le mette en relation avec d’autres, afin de faire jailler de nouvelles étincelles de sens ; avec d’autres catégories que la sienne. D’où la diversité des matériaux que j’ai utilisés : littéraires, philosophiques, sociologiques, journalistiques, scientifiques … Malgré la prudence scrupuleuse à laquelle je me suis efforcée, je suis bien consciente que les spécialistes de chaque discipline pourront sans doute relever quelques hérésies, et risque de se tordre les mains de désespoir en constatant ls libertés que j’aurai prises malgré moi avec l’objet d’étude auqueil ils consacrent leur vie. Je m’en excuse d’avance auprès d’eux, mais he ne revendique pas moins le droit de m’en emparer : au-delà de ses nombreux inconvénients, la position de non-spécialiste a l’avantage d’offrir un point de vue depuis lequel on peut plus facilement déceler des correspondances entre des domaines qui semblaient sans rapport. En cela, je ne fais que mettre la forme en conformité avec le fond de mon propos, qui porte largement sur la nécessité de penser en termes de relations plutôt que d’objets.
Mona Chollet, La tyrannie de la réalité
Mercredi, avril 26th, 2006
Premier message sur ce nouveau blog. Avant de commencer à s’envoler dans le vif du sujet, le plus simple serait peut être de commencer à définir quelques lignes directrices des premiers textes qui guideront ma publication immédiate.
- Mes sujets de recherche concernent essentiellement la sociologie de la connaissance et des usages du langage. Pour cette raison, je serais sans doute amener à parler de philosophie de l’esprit et du langage, de linguistique (sémantique et argumentation) et d’interactionnisme (verbale).
- Parallèlement à cela, je mène une réflexion sur la notion de « public » que cela concerne la sociologie des publics des instutions culturelles ou les différentes approches problématiques traitant des rapports de surface (ex. : la fabuleuse question du langage privé chez Wittgenstein).
- Les auteurs que j’apprécie spécialement sont Georg Simmel et Erving Goffman, pour la sociologie, puis Ludwig Wittgenstein et Nelson Goodman, pour la philosophie.
- Ma méthode de matérialisation se base pour le moment sur les techniques de la psychologie sociale : représentations sociales, co-construction du langage etc. Quelques moments de discussions méthodologiques et épistémologiques à prévoir.
- Enfin, pour la rédaction, j’utilise LaTeX ce qui présume de grands de moments de bonheur pleins de programmation et de lignes de code obsures. Soucis en vue : modéliser proprement une formalisation d’une conversation.
- Si j’ai le temps, je vous parlerais aussi de mes quelques terrains d’investigation.
- Et comme je suis sympa, cette fois-ci et dans la mesure du possible, il vous sera fait grâce de mes considérations sur l’esthétique, la logique, la société ou ce genre de choses.