Habermas, libre arbitre et neurosciences

Pour les heureux abonnés de Philosophical Explorations dont je ne fais pas partie, il y a un débat à coups d’articles sur les neurosciences et le libre arbitre (« Free Will as Part of Nature »). Le principal initiateur est Habermas et les contradicteurs sont Anderson, Quante, Schroeder, Clarke et enfin Searle ! Dans les règles de l’art, ça se termine par une réponse d’Habermas, dont je ne sais toujours pas quoi penser.

Ca a l’air intéressant mais vu que je dois me contenter des morceaux d’abstract autant ne pas faire autre chose que juste montrer que le débat existe … Cette revue semble n’être disponible qu’à la bibliothèque de la Sorbonne.

PS : Par une sorte de miracle incompréhensible, en m’enregistrant et en cliquant sur ONLINE SAMPLE, je me vois gratifier une période d’essai de 30 jours pendant lesquels je peux apparement télécharger ces articles !

PPS : Ca m’a donné de l’espoir pour avoir à accès à cet article de rhétorique-linguistique que je reluque depuis quelques semaines mais en fait non …

La Folk Psycholgy à l’assaut de la Place Denfert-Rocherau

le lion de Denfert-Rocherau
Source : Flickr, Panoramas

Il y a un passage dans Metaphors we live by (1980) où Lakoff aborde la question de la catégorisation par la qualification “faux”. Cette mise en exemple a surtout pour objectif de montrer une des défaillances de l’approche objective concernant la catégorisation des objets et ainsi de mettre en valeur l’approche expérientialiste, sa position dans le débat entre langage et cognition. Cette approche m’a rappelé deux problèmes dans le sophisme du faux passeport exposé par Julien Dutant. Une partie de l’enchainement rhétorique ne devient plus du tout évident lorsque l’on adopte le point de vue qui va suivre.

Cette partie de la démonstration tient plus de la fondation expérientialiste de la construction du processus de catégorisation que de la théorie des métaphores conceptuelles (dont l’explication tourne un peu en boucle dans cet ouvrage).

Personnellement, plutôt que de m’attirer des ennuis avec le ministère de l’intérieur, je vais m’attaquer au lion de la place Denfert-Rocherau.

La Folk Psychology

Face à la statue de place Denfert-Rocherau, que répondrait les passants si on leur posait les questions suivantes :

- Où est le lion ?
- Est-ce un lion ?
- Qu’est-ce que c’est ?

On peut également imaginer un scénario de dialogue du type :

- Qu’est-ce que c’est ?
- Si “lion” : Alors c’est ça un lion ?
- Si “statue” : On dirait un lion non ? Pourquoi ça ne serait pas un lion ?

Je ne suis pas certain qu’il faille s’attendre à de véritables réponses explicites mais plutôt se concentrer sur les réactions et les expressions d’incrédulité ou de recherche de repères. Pourquoi me pose-t-on cette question ? Biensûr que c’est un lion ? Pourquoi veut-il me faire dire que cette statue est un lion ?

Pour le moment je me limiterais à mon expérience personnelle où je vois effectivement un lion et le fait linguistique que l’on continue à dire “lion” tout en sachant très bien que ce n’est pas un “vrai lion” et que c’est une statue. Cela me garantira la totale non-scientificité du fait que par expérience nous catégorisons l’objet en pierre tronant au milieu de la place Denfert-Rocherau avec le mot LION. Par ailleurs, il me semble que les hypothèses sont relativement simples pour pouvoir être inséré dans un protocole expérimental et je suis prêt à prendre les paris sur l’issu de ce test !

Théorie des prototypes et catégorisation

Je vais tenter de reprendre en paraphrasant lourdement l’argumentation autour des faux fusils utilisée par Lakoff en y substituant le faux lion. L’intérêt de cette explication du qualificatif “faux” est qu’il permet de continuer à laisser les gens dire qu’un lion en pierre est un lion et donc qu’ils ne se trompent pas en le disant. Je suis également convaincu que le schème qui en ressort est plus simple que celui proposé par la sémantique classique et qu’elle est également plus proche de l’expérience mentale des visiteurs de zoo et de la place Denfert.

La théorie des prototypes (E. Rosch) est la théorie qui postule que les êtres humains ne catégorisent pas en termes d’ensembles mais en termes de prototypes et de ressemblances de famille. Pour aller vite, un prototype est défini comme un complexe récurrent de propriétés.

BLANC et FAUX sont deux modificateurs que l’on applique au concept LION. La principale différence est que pour l’approche objectiviste de la définition : un LION BLANC est un LION alors qu’un FAUX LION n’est pas un LION. BLANC ajoute une propriété au concept de LION tandis que FAUX s’applique au concept LION en le transportant le tout vers une autre catégorie qui n’est pas une sous-catégorie de LION.

  • C’est un lion blanc alors c’est un lion.
  • C’est un faux lion alors ce n’est pas un lion.

Une telle approche ne nous informe pas sur ce qu’un faux lion est.

On ne peut pas dire :

  • C’est un faux lion alors c’est une girafe.
  • C’est un faux lion alors c’est un fusil.
  • etc.

Pour sortir de cette situation, il faut alors examiner de quelle manière le concept FAUX modifie le concept de LION. Dans le cas du lion, la principale propriétée sauvegardée par le concept de FAUX est que le faux lion doit ressembler à un LION. Il est ainsi rationnel de parler de la statue comme d’un lion même si l’on a jamais vu réellement un lion et seulement des images de lion. On est en face d’une propriété perceptuelle. On peut également dire qu’un FAUX LION peut en partie être utilisé comme un vrai (purposive properties), dans sa fonction symbolique (le lion de Denfert-Rocherau a été placé là parce qu’il representait quelque chose propre au concept de LION) ou dans sa capacité à faire peur par exemples. Ce qui fait qu’un faux lion est faut, c’est qu’il n’est pas vivant, il ne fonctionne pas comme un vrai lion. On va convenir qu’un grand félin déguisé en lion n’est pas lion car il ne fonctionnera pas exactement de la même manière d’un point de vue biologique. Le FAUX LION n’a également pas été historiquement un lion : un lion mort reste un vrai lion, un lion empaillé reste un vrai lion, une imitation mécanique et robotisé de lion n’est pas un vrai lion.

Le modificateur FAUX préserve certains genres de propriétés de LION et en nie d’autres. En résumé :

FAUX préserve : les propriétés perceptuelles et les propriétés intentionnelles-attributives.
FAUX nie : les propriétés fonctionnelles (un vrai lion est un lion biologique) et l’histoire du fonctionnement (un faux lion n’a pas été un vrai lion)

Fin de la paraphrase. Ce qui fonde la possibilité de dire que la statue est un lion est qu’elle a des propriétés interactionnelles semblables à celle d’un lion alors que leurs propriétés inhérentes (substantiellement parlant) sont strictement différentes.

Pour information, on appelle des hedges les délimiteurs qui servent à étendre et rendre linguistiquement cohérent une instance de prototype. Le lion du zoo est un lion par excellence. Le lion de la place Denfert-Rocherau n’est pas exactement un lion, c’est une statue de lion ou un lion en marbre, un lion à quelques détails près. Simba est symboliquement un lion. Pour plus d’infos : Lakoff, Hedges : A study in Meaning Criteria and the Logic of Fuzzy Concepts in Contemporary Research in Philosophical Logic and Linguistic Semantics (1975).

La théorie des prototypes n’est pas une forme de platonisme à partir du moment où elle précise que les prototypes appartiennent aux systèmes sémantiques de signes et de symboles ainsi que de sa connexion de la réalité plutôt que des propriétés réelles, objectales, de la réalité. C’est une précision pour moi-même plutôt qu’un signe pour adhérer à un quelconque Club des Anti-Platoniciens.

Simba, le roi lion
Source : Wikipedia, Simba (The Liong King)

Le but n’est pas de donner le primat à la forme perceptuelle, ni au degré de ressemblance d’un point de vue picturale. Dans le cadre d’un safari extrême, si parmi deux chasseurs, l’un des deux aurait vu quelque chose qui aurait eu l’air d’un lion mais qui était une illusion peut facilement s’attirer les foudres de l’autre par un signal du type CE N’EST PAS UN LION, CRETIN. Au contraire, dans une galerie d’art quelque chose qui ressemblerait moins à un lion que cette illusion d’optique peut être élevé au rang d’icône de lion. Pour le coup, je crois qu’il faut également avoir en tête les cas où Jésus et la Vierge-Marie apparaissent sur des gauffres, des sandwichs moisis ou une tache de goudron.

Ce qui est bizarre dans cet exemple est que ce qui fait la différence objectivement entre un lion en pierre et un lion biologique, celle qui nous pourrait paraitre la plus importante, ne fait pas parti du “contenu non-négociable” (pour parler comme les socio-psychologues : un élément représentationnel qui fonde la distinction entre ce qui est un A (objet ou pratique) et ce qui n’est pas A). On pourrait ainsi dériver vers les raisons qui poussent un enfant à jouer avec un pistolet en plastique, comme si c’était un vrai pistolet tout en sachant que ce n’est pas un vrai pistolet. Très tôt dans notre expérience nous sommes amener à nommer et à manipuler des objets “faux” cad qui sont des contenus issus d’un prototype et qui sont privés de l’attribut qui transforme un contenu en contenu véritable.

Autre digression au passage, il pourrait être marrant d’enregistrer la différence de réaction lorsque l’on offre une voiture miniature à un enfant et à un jeune adulte et qu’on leur dit que l’on va leur donner une voiture. Dans un cas, c’est un cadeau dans l’autre c’est une blague qui peut être plus ou moins bien prise en raison d’un abus de langage inhérent aux conventions culturelles et non à l’objet en lui-même.

Histoire de conclure, je me demande si l’origine d’une telle distinction est possible et originaire d’un anglophone parce qu’il existe deux mots pour désigner la fausseté : fake et false alors qu’en français nous dirions « faux » pour les deux cas. Avec « fake », on se trouve immédiatement dans la signification de l’imitation et non pas dans l’opposition vrai-faux ; ce qui a certainement des conséquences sur la manière de comprendre un “faux” objet.

Dans le four

  • De nouveau du N. Goodman avec Of Mind and Other Matters
  • Finir la lecture de Cognition and Categorization (E. Rosch et B. Lloyd)
  • Continure la piste J.S. Bruner

Philosophy Talk

Pour relever un peu le niveau par rapport au matériau proposé dans l’article précédent (comme d’habitude, entre temps je brouillonne pas mal mais j’ai pas le courage de remettre en forme pour mettre en ligne), ma dernière découverte : Philosophy Talk. il s’agit d’une radio américaine de philosophie avec des archives et des interviews qui ont l’air très intéressantes : Dan Sperber sur la pragmatique, Juliett Floyd sur Wittgenstein, Langage de la fiction et bien d’autres choses appétissantes … MAIS SURTOUT : H. Frankfurt dans “If Truth is so valuable, why is there so much BS?“. Pas encore eu le temps d’écouter autre chose que Sperber et Frankfurt mais je sens que ça me changera des enregistrements de post-structuralistes français.

Petit défaut, le format par défaut est RealAudio et le podcast a l’air bizarre et pas vraiment à jour. Pas très pratique pour écouter à la bibliothèque.

Un linguiste à la télé

Ce n’est pas vraiment du même calibre que les vidéos proposées par Ritoyenne mais Steven Pinker a fait une apparition médiatique dans une émission américaine (relativement connue).

J’attends toujours une catégorisation capillaire des postures et des intellectuels.

Séminaire Sapir-Whorf

Non, je ne me lance pas dans un fil rouge autour des activités du PRI-AL mais toujours est-il qu’il entame un séminaire autour de l’hypothèse de Sapir-Whorf (HSW) parallèlement à celui de Michel de Fornel. Ca tombe bien, je suis entrain de lire Linguistique, de recevoir Langage et tout ça dans le but de préparer ma lecture de Lakoff. Cela promet quelques questions intéressantes comme la défense d’une théorie des cadres sans l’assomption d’un relativisme cognitif et/ou linguistique.

Pour caricaturer, voilà deux inférences que pourrait produire un positionnement mêlant relativisme linguistique et relativisme cognitif : ce n’est pas parce que je parle anglais que je pense de façon pragmatique, ce n’est pas parce que j’écris en français que je ne peux pas être pragmatiste.

Je ne suis pas encore trop au point sur l’HSW en elle-même mais je peux déjà dire que je ne suis pas trop du même avis que FZ* lorsqu’il donne la prédominance à la voix et au milieu sonore (en tant que milieu phonétique) dans la théorie de Sapir. Dans Linguistique, par exemple, il y a quelques passages qui pourraient laisser croire que pour Sapir, c’est la fonction cognitive (ou au mois son équilibre avec la fonction expressive) du langage qui est dans l’intimité du monde vécu.

Activité vocale et langage ne sont que superficiellement identiques. La tendance a voir dans l’expression des émotions le point de départ du langage n’a donné aucun résultat tangible qui soit capable d’étayer une théorie scientifique et il nous faut maintenant essayer de concevoir le langage comme l’aboutissement de la longue évolution d’une technique ou d’une tendance particulière à laquelle on peut donner le nom de « tendance au symbolisme », c’est-à-dire la faculté de voir dans la partie incomplète et relativement dénuée de signification un signe qui renvoie à l’ensemble. Le langage donc, est ce qu’il est, dans son essence, non pas à cause de ses admirables possibilités expressives, mais bien plutôt malgré elles. La pratique du langage comme type de comportement repose sur la combinaison prodigieusement complexe de deux systèmes, le symbolique et l’expressif dont aucun n’aurait pu atteindre son degré de développement actuel sans l’action exercée par l’autre.

E. Sapir, Le Langage (1933)

Personnellement, je dirais donc que l’importance de la parole (et du langage) en tant que relativisant le mode de pensée est non pas la conséquence d’une émission sonore mais que l’acte de parole implique à la fois une construction mentale de type linguistique et un engagement dans une action spécifique.

Cela pourrait permettre par la même occasion de faire le rapprochement entre la distinction entre catégorisation conceptuelle et flux perceptuel proposé par W. James. Promis j’arrête la philo-philosophie après la lecture de Hume !

Sous le plagiat les pavés

Lors du séminaire du 15/02/2006 d’anthropologie linguistique de l’EHESS, F. Zimmerman mettait en évidence une forme de répétition entre deux auteurs. L’intérêt était que le second auteur chronologique ne faisait pas mention du premier alors qu’il paraît évident qu’il ne s’agit pas seulement d’une communauté de pensée mais d’une reproduction assez exacte d’un même énoncé.

Sur le moment, je trouvais le procédé de mise en évidence assez douteux (quel en était l’intérêt ? l’utilité ?). Personnellement lorsque j’écris, j’ai une certaine peur de répéter involontairement (parce que je n’ai pas lu ou que je ne me souviens pas avoir lu) quelqu’un. Tenir comme règle de toujours devoir savoir si quelque chose n’a pas déjà été dit parce quelqu’un d’autre introduit des hypothèses intenables : Est-ce que c’est plus ou moins grave de ne pas citer quelqu’un qui n’est pas connu ou bien justement de s’éviter une référence supplémentaire parce que la personne est connue ? Après cela, il est alors facile de mettre un dispositif éthique qui diminue la nécessité de recourir systématiquement à des références vers d’autres auteurs tout en déculpabilisant.

Ce qui devrait compter c’est l’argumentation interne et non l’importation du fait qu’un énoncé a déjà été utilisé dans une autre argumentation. Cependant s’il est facile d’être aussi catégorique pour des énoncés qui semblent anodins mais qui font laissions, est-ce qu’il est possible de tenir un tel raisonnement pour des énoncés avec une faible probabilité d’être reproduits identiquement (comme c’était le cas lors du séminaire) ? Ces questions révèlent la présence d’un système d’autorité structurant la société de la connaissance dans laquelle évolue pratiques et productions discursives. L’attention portée à la violation d’une règle du système d’autorité personnelle (ne pas rendre une citation complète, ne pas signifier la provenance nominale d’un énoncé) dévoile le déséquilibre entre l’importance de ce qui est dit (l’autorité argumentative) par rapport à l’énonciateur précédent ; comme si le précédent n’était pas lui même soumissible à un test de paternité. Du coup, je me dis que ça fait beaucoup de tracas et que d’un point de vue pragmatique, ce genre de pratique n’a pas beaucoup de valeur. Il est par contre certain et indéniable qu’il y a un véritable problème moral car dans les faits il peut y avoir atteinte et malhonnêteté.

État d’une absence

Si je ne donne pas beaucoup de nouvelle de mes recherches, c’est que je n’ai pas échappé aux premiers pas de tous thésards en début de préparation de thèse. Je devrais bientôt réduire mon temps de travail dédié à autre chose que ma thèse (pour l’instant 3 jours par semaine et après 4 jours par semaine) et même si dans mon activité extra-thèse, j’ai pu rencontrer un linguiste c’était surtout par hasard. En prévision d’une reprise plus sérieuse, un petit état des lieux.

En plaçant mes travaux sous le drapeau du PRI Anthropologie Linguistique, c’est que je me donnais comme contenu non-négociable le rapport intime qu’il existe entre un acteur et la cohérence sociale de sa scène langagière. Je me pensais également très malins avec mes connaissances sur la pragmatique linguistique et la sociolinguistique que je n’hésitais à revendiquer comme étant la linguistique à la suite de Labov ou de Calvet. Puis je me suis mis à écouter des linguistiques qui font de la linguistique, le temps de comprendre les simplifications que j’avais appliqué à la phonologie ou la tradition générativiste, j’ai commencé par ne pas comprendre grand chose et puis je me suis dit qu’il fallait que je rattrape mon retard. Il est toujours intéressant de constater les similitudes mais aussi les fossés qui séparent la linguistique du reste des sciences sociales même quand on parle de méthode et d’objets identiques (« Les retranscriptions d’entretien, c’est intéressant mais seulement à titre exploratoire »).

Je place quelques espoirs dans les grammaires de construction pour m’aider à faire l’interface entre linguistique et sociologie de la philosophie. Je pense que cela d’autant plus opératoire que j’espère (de nouveau) aussi pouvoir mettre en place des expériences de psychologie sociale en complément des observations de terrain et analyses linguistiques.

Ce qui m’amène pour l’instant à prévoir une redéfinition de l’administration des preuves dans les différentes hypothèses posées dans mes travaux. Le plan et la problématique ne changent pas fondamentalement ; du coup je ne sais pas trop si j’échappe ou si je repousse une étape dans cette longue aventure. Mais il faut aussi que je me documente, que je retrouve des outils. J’espère bientôt pouvoir écrire quelques trucs ici sur l’analyse de corpus via R. Je passe donc aussi un peu de temps à réfléchir et à collecter divers corpus et à les annoter sommairement.

J’ai pas encore trop planifier la construction de mon terrain (panel) de philosophes ce qui va sûrement me retomber rapidement dessus en terme d’organisation du temps. Mais je commence à trouver des grilles de lecture et avoir une bibliographie pas trop tortueuse (qui ne nécessite pas une herméneutique) de textes du rapport qu’ont entretenu certaines personnes avec la philosophie.

Et après cela, j’ai encore un peu de temps pour écrire surtout sous la forme de brouillonage pas très productif. Il faut vite que je me défasse du « encore tant d’années » …

Si j’ai lu de la sociologie dernièrement ? J’ai feuilleté les nouveautés la dernière fois que je suis allé à la librairie, ça compte ?

Failing in love studies - Recherche de matériaux

Si une bonne partie de la littérature sur la relation amoureuse s’est concentrée sur le moment de la formation sous tous les angles possibles. D’Alberoni à Barthes en passant par Chaumier ou les livres de Gray (Mars et Vénus …) et les livres de développement personnel, tout ce qui compte et est étudié c’est le début et le commencement, il me semble que l’analyse du couple et de la relation amoureuse met souvent de côté un autre moment de la relation : la rupture. Le sujet est parfois évoqué rarement décrit ou partagé entre les différentes analyses. L’idée serait donc de commencer une étude post-Falling in Love center.

Dans le cadre de ma recherche sur le rapport entre langage et réalité sociale, j’essaie actuellement de collecter des extraits de correspondance amoureuse. De manière plus précise, je voudrais constitué pour le moment un corpus de courriers électroniques de rupture.

Pour l’instant, dans la mesure du possible, me transmettre tout ça par courrier électronique mais s’il y a de la demande, je peux faire une page web où il suffira de copier-coller le texte.

Évidemment tout cela reste anonyme : les noms seront changés et les faits autant que possible. Ce qui m’interesse avant tout c’est les formes rhétoriques incluses pour formuler un ensemble fini de raisons. J’ai bien conscience qu’une partie de la population pratique volontier une politique de la terre brûlée facilité (ou non) par le côté électronique de l’archivage et que le sujet peut être douloureux et vraiment intime.

Faîtes avancer la science en léguant les dépouilles de vos couples.

(Cette annonce est tout à fait sérieuse et il n’y a rien de précis à voir entre l’auteur et le sujet)

Il y a autant de que de

La forme énonciative « Il y autant de x que de y » (ex. il y autant de philosophies que de philosophes, il y autant de théories que de théoriciens sont les instances que je rencontre régulièrement) est assez répandu aussi bien dans les textes écrits que de nombreux discours parlés. Il serait possible de croire que les énonciations de ce type n’ont que la prétention sémantique de mettre en avant un rapport quantitatif entre une population x et une population y.

Ses éléments sont simples et sa syntaxe n’est pas d’une complexité cependant que faut-il supposer ou laisser croire lorsque de l’application d’une sémantique formelle qui rendrait l’énoncé équivalent à « x = y » ?

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Stupidity

Il faut peut être commencer par avouer que j’ai fait l’acquisition de Stupidity pratiquement parce qu’il était posé à côté de L’art de dire des conneries d’H. Frankfurt. Je pensais donc y retrouver une prolongation ou une discussion de cet excellent mais court article portant sur l’art et la manière de baratiner. À ma décharge, j’aurai peut être dû également lire plus attentivement la quatrième de couverture pour y lire que l’ouvrage se situe dans une lignée “Avec Derrida” plutôt que “Contre Derrida”. C’est juste l’effet d’un préjugé qui devrait disparaître si un jour je comprends quelque chose à cette littérature.

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