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	<title>Sur les traces de l'ignorance</title>
	<link>http://jdr.cendres.net</link>
	<description>Enquêtes sans quête</description>
	<pubDate>Tue, 13 May 2008 15:57:27 +0000</pubDate>
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		<title>L&#8217;importance de l&#8217;usage dans l&#8217;évolution des langues</title>
		<link>http://jdr.cendres.net/2007/11/30/limportance-de-lusage-dans-levolution-des-langues/</link>
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		<pubDate>Fri, 30 Nov 2007 00:53:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tam Kien Duong</dc:creator>
		
	<dc:subject>Remballe ta bibliothèque</dc:subject>
	<dc:subject>Coups de langage</dc:subject><dc:subject>articles</dc:subject><dc:subject>linguistique</dc:subject>
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		<description><![CDATA[Histoire de refaire partir la machine du débat sur l&#8217;origine du langage, dans le numéro 449 de Nature, Fitch propose deux articles intéressants sur l&#8217;évolution des langues (la glossogénie) selon des statistiques d&#8217;usage. Bottage en touche en ce qui concerne la discussion sur le rapport entre glossogénie et phylogénie surtout que Fitch a été un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Histoire de refaire partir la machine du débat sur l&#8217;origine du langage, dans le numéro 449 de Nature, Fitch propose deux articles intéressants sur l&#8217;évolution des langues (la glossogénie) selon des statistiques d&#8217;usage. Bottage en touche en ce qui concerne la discussion sur le rapport entre glossogénie et phylogénie surtout que Fitch a été un des auteurs des récents échanges entre Chomsky, Hauser, Ficht, Pinker et Jackendoff (Hauser et al. 2002, Jackendoff et Pinker 2005, Ficht et al. 2005, Pinker et Jackendoff 2005). Allez dans un séminaire de théorie linguistique et il y a à peu près une chance sur deux pour que vous puissiez en discuter. Perso, je vous conseille plutôt l&#8217;interdit de 1866 de la Société Linguistique de Paris.</p>
<p><strong><em>Quantifying the evolutionary dynamics of language</em> (Lieberman et al., 2007)</strong> propose une corrélation entre la fréquence d&#8217;usage d&#8217;un verbe irrégulier et son temps d&#8217;adaptation par rapport à la règle générale. L&#8217;équation est : vitesse de régularisation = 1/racine de la fréquence relative d&#8217;usage. Autrement dit un verbe irrégulier qui est 100 fois moins utilisé qu&#8217;un autre se régularisera 10 fois plus vite. Ce qui peut être une explication sur le fait que les 10 verbes les plus utilisés en anglais (be, have, do, go, say, can, will, see, take, get) soit tous irréguliers alors que seul 3% de l&#8217;ensemble des verbes en langue anglaise sont irréguliers.</p>
<p><strong><em>Frequency of word-use predicts rates of lexical evolution throughout Indo-European history</em> (Pagel et al., 2007)</strong> est un peu plus tendancieux car il mélange une analyse génétique avec une sorte de saut indéfini entre symbole lexical et signification. On peut quand même retenir que parmi les 4 langues étudiées (anglais, espagnol, russe et grec), on retrouve un rapport entre fréquence d&#8217;usage d&#8217;un mot, sa catégorie grammaticale et son évolution. Les adjectifs, les prépositions  et les conjonctions dont les formes exactes ne sont pas dépendantes d&#8217;une signification changent plus rapidement et souvent que les nombres et les pronoms qui eux sont très fixes.</p>
<p>D&#8217;une façon globale, on peut observer un lien entre la fréquence d&#8217;usage et la résistance au changement dans les systèmes sémiotiques.
</p>
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		<title>Séminaire Sapir-Whorf</title>
		<link>http://jdr.cendres.net/2007/02/23/seminaire-sapir-whorf/</link>
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		<pubDate>Fri, 23 Feb 2007 00:03:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tam Kien Duong</dc:creator>
		
	<dc:subject>Ethno-nombrilisme</dc:subject>
	<dc:subject>Remballe ta bibliothèque</dc:subject>
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		<description><![CDATA[Non, je ne me lance pas dans un fil rouge autour des activités du PRI-AL mais toujours est-il qu&#8217;il entame un séminaire autour de l&#8217;hypothèse de Sapir-Whorf (HSW) parallèlement à celui de Michel de Fornel. Ca tombe bien, je suis entrain de lire Linguistique, de recevoir Langage et tout ça dans le but de préparer [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Non, je ne me lance pas dans un fil rouge autour des activités du PRI-AL mais toujours est-il qu&#8217;il entame un <a href="http://anthropologielinguistique.fr/traductologie/index.php?id=35">séminaire autour de l&#8217;hypothèse de Sapir-Whorf (HSW)</a> parallèlement à <a href="http://www.ehess.fr/ue/2006-2007/ue1328.html">celui de Michel de Fornel</a>. Ca tombe bien, je suis entrain de lire <a href="http://www.amazon.fr/gp/redirect.html?ie=UTF8&#038;location=http%3A%2F%2Fwww.amazon.fr%2Fgp%2Fproduct%2F2070326179%3Fie%3DUTF8%26tag%3Dsurlestracede-21%26linkCode%3Dxm2%26camp%3D1642%26creativeASIN%3D2070326179&#038;tag=surlestracede-21&#038;linkCode=ur2&#038;camp=1642&#038;creative=6746">Linguistique</a>, de recevoir <a href="http://www.amazon.fr/gp/redirect.html?ie=UTF8&#038;location=http%3A%2F%2Fwww.amazon.fr%2FLangage-introduction-%25C3%25A0-l%25C3%25A9tude-parole%2Fdp%2F2228894907&#038;tag=surlestracede-21&#038;linkCode=ur2&#038;camp=1642&#038;creative=6746">Langage</a> et tout ça dans le but de préparer ma lecture de <a href="http://www.amazon.fr/gp/search?ie=UTF8&#038;keywords=Lakoff&#038;tag=surlestracede-21&#038;index=books-fr-intl-us&#038;linkCode=ur2&#038;camp=1642&#038;creative=6746">Lakoff</a>. Cela promet quelques questions intéressantes comme la défense d&#8217;une théorie des cadres sans l&#8217;assomption d&#8217;un relativisme cognitif et/ou linguistique.</p>
<p>Pour caricaturer, voilà deux inférences que pourrait produire un positionnement mêlant relativisme linguistique et relativisme cognitif : ce n&#8217;est pas parce que je parle anglais que je pense de façon pragmatique, ce n&#8217;est pas parce que j&#8217;écris en français que je ne peux pas être pragmatiste.</p>
<p>Je ne suis pas encore trop au point sur l&#8217;<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Sapir-Whorf_hypothesis">HSW</a> en elle-même mais je peux déjà dire que je ne suis pas trop du même avis que FZ* lorsqu&#8217;il donne la prédominance à la voix et au milieu sonore (en tant que milieu phonétique) dans la théorie de Sapir. Dans Linguistique, par exemple, il y a quelques passages qui pourraient laisser croire que pour Sapir, c&#8217;est la fonction cognitive (ou au mois son équilibre avec la fonction expressive) du langage qui est dans l&#8217;intimité du monde vécu.</p>
<blockquote>
<p>Activité vocale et langage ne sont que superficiellement identiques. La tendance a voir dans l&#8217;expression des émotions le point de départ du langage n&#8217;a donné aucun résultat tangible qui soit capable d&#8217;étayer une théorie scientifique et il nous faut maintenant essayer de concevoir le langage comme l&#8217;aboutissement de la longue évolution d&#8217;une technique ou d&#8217;une tendance particulière à laquelle on peut donner le nom de « tendance au symbolisme », c&#8217;est-à-dire la faculté de voir dans la partie incomplète et relativement dénuée de signification un signe qui renvoie à l&#8217;ensemble. Le langage donc, est ce qu&#8217;il est, dans son essence, non pas à cause de ses admirables possibilités expressives, mais bien plutôt malgré elles. La pratique du langage comme type de comportement repose sur la combinaison prodigieusement complexe de deux systèmes, le symbolique et l&#8217;expressif dont aucun n&#8217;aurait pu atteindre son degré de développement actuel sans l&#8217;action exercée par l&#8217;autre.</p>
<p><cite>E. Sapir, Le Langage (1933)</cite>
</p></blockquote>
<p>Personnellement, je dirais donc que l&#8217;importance de la parole (et du langage) en tant que relativisant le mode de pensée est non pas la conséquence d&#8217;une émission sonore mais que l&#8217;acte de parole implique à la fois une construction mentale de type linguistique et un engagement dans une action spécifique.</p>
<p>Cela pourrait permettre par la même occasion de faire le rapprochement entre la distinction entre catégorisation conceptuelle et flux perceptuel proposé par W. James. Promis j&#8217;arrête la philo-philosophie après la lecture de Hume !</p>
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		<title>Stupidity</title>
		<link>http://jdr.cendres.net/2006/11/01/stupidity/</link>
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		<pubDate>Tue, 31 Oct 2006 23:07:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tam Kien Duong</dc:creator>
		
	<dc:subject>Remballe ta bibliothèque</dc:subject><dc:subject>lecture ronell bêtise</dc:subject>
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		<description><![CDATA[
Il faut peut être commencer par avouer que j&#8217;ai fait l&#8217;acquisition de Stupidity pratiquement parce qu&#8217;il était posé à côté de L&#8217;art de dire des conneries d&#8217;H. Frankfurt. Je pensais donc y retrouver une prolongation ou une discussion de cet excellent mais court article portant sur l&#8217;art et la manière de baratiner. À ma décharge, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://jdr.cendres.net/wp-content/uploads/2006/10/Avital%20Ronell%20-%20Stupidity.jpg"><img src="http://jdr.cendres.net/wp-content/uploads/2006/10/Avital%20Ronell%20-%20Stupidity.miniature.jpg" alt="" style="float:left; margin : 3px;" /></a></p>
<p>Il faut peut être commencer par avouer que j&#8217;ai fait l&#8217;acquisition de <a href='http://www.amazon.fr/gp/product/2234059313/171-1632258-6145048?ie=UTF8&#038;tag=surlestracede-21&#038;linkCode=xm2&#038;camp=1642&#038;creativeASIN=2234059313'>Stupidity</a> pratiquement parce qu&#8217;il était posé à côté de <a href='http://www.amazon.fr/gp/product/2264043326/171-1632258-6145048?ie=UTF8&#038;tag=surlestracede-21&#038;linkCode=xm2&#038;camp=1642&#038;creativeASIN=2264043326'>L&#8217;art de dire des conneries</a> d&#8217;H. Frankfurt. Je pensais donc y retrouver une prolongation ou une discussion de cet excellent mais court article portant sur l&#8217;art et la manière de baratiner. À ma décharge, j&#8217;aurai peut être dû également lire plus attentivement la quatrième de couverture pour y lire que l&#8217;ouvrage se situe dans une lignée &#8220;Avec Derrida&#8221; plutôt que &#8220;Contre Derrida&#8221;. C&#8217;est juste l&#8217;effet d&#8217;un préjugé qui devrait disparaître si un jour je comprends quelque chose à cette littérature.</p>
<p><a id="more-18"></a></p>
<blockquote><p>La seule chose que possède l&#8217;idiot et qui manque à l&#8217;intelligent, c&#8217;est une mémoire mécanique. Il peut mémoriser n&#8217;importe quoi tant qu&#8217;il n&#8217;a pas à produire ses propres images ou ses propres pensées. Celui qui ne peut penser par lui-même ne peut penser pour autrui, ni comprendre les autres. (Stupidity, A. Ronell, p. 37)</p></blockquote>
<p>Le texte de divise en trois argumentations qui correspondent vaguement aux trois chapitres mais qui en dépassent un peu aussi.</p>
<p>	1. La bêtise transcendantale ne fonctionne pas comme l&#8217;opposé de l&#8217;intelligence, ni comme un en dehors mais comme une figure qui annihile. Les tentatives de discuter intelligemment de la bêtise placent le texte et son auteur dans une posture ambiguë car la bêtise ne peut se laisser incorporer comme concept. Il faut d&#8217;abord se déclarer comme intelligent avant d&#8217;avoir l&#8217;autorité pour parler de la bêtise mais se croire intelligent est déjà un signe de bêtise.</p>
<p>	2. Corollaire. Des auteurs comme Musil ou Nietzche se sont servis de la bêtise pour s&#8217;extraire de l&#8217;ordre traditionnel de l&#8217;intelligence mais participant pour le premier à une attribution catégorique de la bêtise au genre féminin.</p>
<p>	3. Kant institue une mode philosophique qui impose un choix entre style et rigueur. De là, il définit une obligation d&#8217;être soit populaire par le style, soit populaire par la raison. Sans entre deux, le philosophe doit choisir entre faire de la littérature et de la philosophie. On comprend facilement la collision avec les approches textuelles contemporaines qui remettent en cause la frontière entre littérature et philosophie.</p>
<p>Une fois résumé, ces hypothèses séduisantes, il faut savoir qu&#8217;il s&#8217;agit du genre de textes agaçants car pleins de références ou de liens intelligents, manipulant un style littéraire mais, disons-le, lourd. Il y a pleins de belles phrases prêtes à la citation mais à quoi bon si finalement on peut les rattacher à quelque chose de consistant à part le traitement de la bêtise dans la littérature et la philosophie, ou plutôt une sélection des philosophes qui ont bien voulu traiter du sujet.</p>
<p>Personnellement, je ne vois donc pas l&#8217;intérêt d&#8217;un tel texte sinon de pouvoir dans une éventuelle soirée mondaine (l&#8217;office de la bêtise). C&#8217;est peut être au lecteur de se faire ses propres images mais le travail d&#8217;écriture est là pour l&#8217;aider aussi ! De plus, je ne vois toujours pas en quoi une tentative de conciliation d&#8217;une rigueur littéraire et d&#8217;une rigueur philosophique impliquent une licence littéraire comprenant le droit à l&#8217;obscurité rhétorique.</p>
<p>Après cela et une certaine difficulté à arriver à la fin en lisant chaque ligne, concernant le même thème, je préfère conseiller l&#8217;article de C.Z. Elgin : <em>L&#8217;efficacité épistémique de la stupidité</em> (trouvable dans <a href='http://www.amazon.fr/gp/product/213046002X/171-1632258-6145048?ie=UTF8&#038;tag=surlestracede-21&#038;linkCode=xm2&#038;camp=1642&#038;creativeASIN=213046002X'>Reconceptions en philosophie</a>). L&#8217;édition française du livre de Frankfurt est une arnaque assumée (c.f. fin de la préface) mais au moins, c&#8217;est le genre d&#8217;ouvrage que l&#8217;on prête volontiers (même si je suis prêt à <em>donner</em> mon exemplaire de <em>stupidity</em>).</p>
<p>Je ne dis pas que l&#8217;ouvrage est dénué d&#8217;intérêt mais il me semble peu intéressant pour une étude philosophique ou sociologique de la connaissance. Non pas plus que je prenne la défense d&#8217;une quelconque « <em>empire déclinant de notre rapport à la connaissance</em> » mais car il me semble plus tenir d&#8217;un parcours littéraire et Critique d&#8217;auteurs et d&#8217;ouvrages sans pourtant apporter un éclairage concret sur l&#8217;articulation entre bêtise et intelligence. Le mensonge, la sincérité, la bêtise, l&#8217;erreur, la stupidité sont évidemment à comprendre dans toutes recherches orientées vers la question de « comment nous pensons ».</p>
<p>Étant découvrant de Derrida et de Ronell, je suis bien entendu ouvert à des propositions d&#8217;introduction à ces auteurs et prie les adeptes qui auraient quelques ires à ne pas s&#8217;arrêter à une critique du type « les néophytes ne peuvent pas comprendre », ce qui serait simplement stupide.</p>
<p>Pour les intéressés, il y a eu récemment une émission, assez enthousiaste, consacrée à cette intellectuelle sur France culture : <a href='http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/toutarrive/fiche.php?diffusion_id=46012'>Tout arrive - 10/10/06</a>.
</p>
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