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	<title>Sur les traces de l'ignorance</title>
	<link>http://jdr.cendres.net</link>
	<description>Enquêtes sans quête</description>
	<pubDate>Tue, 13 May 2008 15:57:27 +0000</pubDate>
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	<language>en</language>
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		<title>L&#8217;importance de l&#8217;usage dans l&#8217;évolution des langues</title>
		<link>http://jdr.cendres.net/2007/11/30/limportance-de-lusage-dans-levolution-des-langues/</link>
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		<pubDate>Fri, 30 Nov 2007 00:53:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tam Kien Duong</dc:creator>
		
	<dc:subject>Remballe ta bibliothèque</dc:subject>
	<dc:subject>Coups de langage</dc:subject><dc:subject>articles</dc:subject><dc:subject>linguistique</dc:subject>
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		<description><![CDATA[Histoire de refaire partir la machine du débat sur l&#8217;origine du langage, dans le numéro 449 de Nature, Fitch propose deux articles intéressants sur l&#8217;évolution des langues (la glossogénie) selon des statistiques d&#8217;usage. Bottage en touche en ce qui concerne la discussion sur le rapport entre glossogénie et phylogénie surtout que Fitch a été un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Histoire de refaire partir la machine du débat sur l&#8217;origine du langage, dans le numéro 449 de Nature, Fitch propose deux articles intéressants sur l&#8217;évolution des langues (la glossogénie) selon des statistiques d&#8217;usage. Bottage en touche en ce qui concerne la discussion sur le rapport entre glossogénie et phylogénie surtout que Fitch a été un des auteurs des récents échanges entre Chomsky, Hauser, Ficht, Pinker et Jackendoff (Hauser et al. 2002, Jackendoff et Pinker 2005, Ficht et al. 2005, Pinker et Jackendoff 2005). Allez dans un séminaire de théorie linguistique et il y a à peu près une chance sur deux pour que vous puissiez en discuter. Perso, je vous conseille plutôt l&#8217;interdit de 1866 de la Société Linguistique de Paris.</p>
<p><strong><em>Quantifying the evolutionary dynamics of language</em> (Lieberman et al., 2007)</strong> propose une corrélation entre la fréquence d&#8217;usage d&#8217;un verbe irrégulier et son temps d&#8217;adaptation par rapport à la règle générale. L&#8217;équation est : vitesse de régularisation = 1/racine de la fréquence relative d&#8217;usage. Autrement dit un verbe irrégulier qui est 100 fois moins utilisé qu&#8217;un autre se régularisera 10 fois plus vite. Ce qui peut être une explication sur le fait que les 10 verbes les plus utilisés en anglais (be, have, do, go, say, can, will, see, take, get) soit tous irréguliers alors que seul 3% de l&#8217;ensemble des verbes en langue anglaise sont irréguliers.</p>
<p><strong><em>Frequency of word-use predicts rates of lexical evolution throughout Indo-European history</em> (Pagel et al., 2007)</strong> est un peu plus tendancieux car il mélange une analyse génétique avec une sorte de saut indéfini entre symbole lexical et signification. On peut quand même retenir que parmi les 4 langues étudiées (anglais, espagnol, russe et grec), on retrouve un rapport entre fréquence d&#8217;usage d&#8217;un mot, sa catégorie grammaticale et son évolution. Les adjectifs, les prépositions  et les conjonctions dont les formes exactes ne sont pas dépendantes d&#8217;une signification changent plus rapidement et souvent que les nombres et les pronoms qui eux sont très fixes.</p>
<p>D&#8217;une façon globale, on peut observer un lien entre la fréquence d&#8217;usage et la résistance au changement dans les systèmes sémiotiques.
</p>
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		<title>Sans doute le plus grand</title>
		<link>http://jdr.cendres.net/2007/09/03/sans-doute-le-plus-grand/</link>
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		<pubDate>Mon, 03 Sep 2007 11:04:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tam Kien Duong</dc:creator>
		
	<dc:subject>Coups de langage</dc:subject>
	<dc:subject>Le Grand Réseau</dc:subject>
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		<description><![CDATA[Bergson est un philosophe, sans doute le plus grand du siècle dernier, avec Heidegger. (A.-G. Slama, Figaro)
Faut-il rire d&#8217;une construction comme &#8220;est sans doute le plus grand&#8221; par sa prétention à ériger un petit mausolée en deux temps trois mouvements et quatre révérences ? Heureusement non car elle ne semble pas aussi courante que cela. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Bergson est un philosophe, sans doute le plus grand du siècle dernier, avec Heidegger. (<a href="http://www.lefigaro.fr/debats/20070903.FIG000000231_bergson_et_le_malaise_de_notre_democratie.html">A.-G. Slama, Figaro</a>)</p></blockquote>
<p>Faut-il rire d&#8217;une construction comme &#8220;est sans doute le plus grand&#8221; par sa prétention à ériger un petit mausolée en deux temps trois mouvements et quatre révérences ? Heureusement non car elle ne semble pas aussi courante que cela. Partant sur un mauvais préjugé, il faut également constaté que cette formulation pompeuse est finalement assez peu utilisée (sur l&#8217;internet) : </p>
<ul>
<li><a href="http://www.google.fr/search?hl=fr&#038;q=%22sans+doute+le+plus+grand%22&#038;btnG=Recherche+Google&#038;meta=">34.800 &#8220;sans doute le plus grand&#8221; tout et n&#8217;importe quoi</a>. Ce qui n&#8217;est pas grand chose compte tenu du nombre d&#8217;objets dans le monde.</li>
<li><a href="http://www.google.fr/search?hl=fr&#038;c2coff=1&#038;q=%22sans+doute+le+plus+grand+philosophe%22&#038;btnG=Rechercher&#038;meta=">10 &#8220;sans doute le plus grand philosophe&#8221;</a> dont une seule fois Hume, Anscombe et Rancière (parmis les philosophes actuels). Heidegger est une fois &#8220;<a href="http://lalitterature.blogspot.com/2006/09/gallimard-et-la-pense-de-heidegger.html">est, évidemment, et c&#8217;est incroyable de devoir le répéter en 2006, un des plus grands, et sans doute le plus grand philosophe du XXe siècle</a>&#8221; (ouf, ça doit pas être facile à placer dans une conversation tout en gardant une respiration correcte) puis une autre fois <a href="http://mitso-mithra.skynetblogs.be/post/3185823/heidegger-vivant">sans doute le plus grand après Kant et Aristote</a> (sachant que<a href="http://mitso-mithra.skynetblogs.be/post/3163195/kant"> Kant est sans doute le plus grand après Aristote et avant Heidegger</a>).</li>
</ul>
<p>On remarquera que parmi les 34.800, il y a quelques autres philosophes. La technique la plus prometteuse semble être de se choisir un philosophe et de l&#8217;encadrer ensuite entre deux philosophes aussi connus et d&#8217;effectuer le classement selon un ordre chronologique (ce qui devient problématique dans le cas de philosophes contemporains). Ou bien de juste choisir une thématique et de dire que le plus grand est celui qui représente plus le style (&#8221;Popper est sans doute le plus grand philosophe [et(?) libéral]&#8221;).</p>
<p>Aller, je commence à rédiger un projet européen concernant la construction d&#8217;une calculette de mesure de la grandeur d&#8217;un philosophe. Axes à étudier : taille des pieds, tailles d&#8217;organes génitaux (pouvant ainsi permettre enfin de savoir la corrélation entre ceux qui ont la plus grand et d&#8217;autres variables), taille des textes, des citations, des mots, du cumul de siestes provoqués, des élèves lors d&#8217;une file indienne, d&#8217;une chenille qui redémarre. Si il y a d&#8217;autres propositions, elles sont les bienvenues.
</p>
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		<title>Grammar a les dents longues</title>
		<link>http://jdr.cendres.net/2007/07/07/grammar-a-les-dents-longues/</link>
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		<pubDate>Fri, 06 Jul 2007 23:04:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tam Kien Duong</dc:creator>
		
	<dc:subject>Coups de langage</dc:subject>
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		<description><![CDATA[Selon une observation très fine du marché intellectuel actuel, nos experts conseillent de placer subtilement le terme &#8220;grammaire de&#8221; comme ornement de vos phrases de soirée mondaine et de communication. L&#8217;inflation ne semble pas avoir encore réellement atteint un seuil critique mais semble avoir démarré depuis un petit moment déjà.
Si le terme &#8220;grammaire&#8221; désigne une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Selon une observation très fine du marché intellectuel actuel, nos experts conseillent de placer subtilement le terme &#8220;grammaire de&#8221; comme ornement de vos phrases de soirée mondaine et de communication. L&#8217;inflation ne semble pas avoir encore réellement atteint un seuil critique mais semble avoir démarré depuis un petit moment déjà.</p>
<p>Si le terme &#8220;grammaire&#8221; désigne une certaine approche de l&#8217;étude du langage qui ne peut se résumer seulement à un peu de syntaxe et un peu de phonétique*, il peut aussi se décliner selon les saisons :</p>
<ul>
<li>Les philosophes ont gagné la légitimité de porter la leur grâce à Wittgenstein et la <a href="http://www.amazon.fr/Grammaire-philosophique-Ludwig-Wittgenstein/dp/2070417425/ref=sr_1_1/403-1259599-3942008?ie=UTF8&#038;s=books&#038;qid=1183764121&#038;sr=8-1">grammaire philosophique</a></li>
<li>Pendant qu&#8217;on attend la grammaire du social, on peut encore se rabattre sur <a href="http://www.amazon.fr/Grammaires-lindividu-Danilo-Martucelli/dp/2070424383/ref=sr_1_1/403-1259599-3942008?ie=UTF8&#038;s=books&#038;qid=1183764161&#038;sr=1-1">les grammaires de l&#8217;individu</a> de Martucelli</li>
<li>On cherche encore l&#8217;origine de la &#8220;grammaire politique&#8221;</li>
<li>Et les designers avides de formalisme seront heureux de pratiquer la <a href="http://www.shapegrammar.org">shape grammar</a></li>
<li>S&#8217;il y a d&#8217;autres propositions &#8230;</li>
</ul>
<p>Comme d&#8217;habitude, si quelqu&#8217;un a une explication à ce phénomène transculturel et transhistorique, qu&#8217;il n&#8217;hésite pas à partager sa lumière métagrammairienne. </p>
<p>* Seconde activité chez nos amis les académiciens, l&#8217;existence d&#8217;une règlementation délibérée des liaisons phonétiques, par exemple, font que l&#8217;acceptation des règles linguistiques inclues une part de rectitude dans la prononciation.</p>
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		<title>La Folk Psycholgy &#224; l&#8217;assaut de la Place Denfert-Rocherau</title>
		<link>http://jdr.cendres.net/2007/03/22/la-folk-psycholgy-a-lassaut-de-la-place-denfert-rocherau/</link>
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		<pubDate>Thu, 22 Mar 2007 19:52:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tam Kien Duong</dc:creator>
		
	<dc:subject>Connaissance(s)</dc:subject>
	<dc:subject>Coups de langage</dc:subject>
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		<description><![CDATA[
Source : Flickr, Panoramas
Il y a un passage dans Metaphors we live by (1980) o&#249; Lakoff aborde la question de la cat&#233;gorisation par la qualification &#8220;faux&#8221;. Cette mise en exemple a surtout pour objectif de montrer une des d&#233;faillances de l&#8217;approche objective concernant la cat&#233;gorisation des objets et ainsi de mettre en valeur l&#8217;approche exp&#233;rientialiste, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://farm1.static.flickr.com/131/339516485_e92c3a7104.jpg?v=0" alt="le lion de Denfert-Rocherau" /><br />
Source : Flickr, <a href="http://www.flickr.com/photos/ranopamas/339516485/">Panoramas</a></p>
<p>Il y a un passage dans <em>Metaphors we live by</em> (1980) o&ugrave; Lakoff aborde la question de la cat&eacute;gorisation par la qualification &#8220;faux&#8221;. Cette mise en exemple a surtout pour objectif de montrer une des d&eacute;faillances de l&#8217;approche objective concernant la cat&eacute;gorisation des objets et ainsi de mettre en valeur l&#8217;approche exp&eacute;rientialiste, sa position dans le d&eacute;bat entre langage et cognition. Cette approche m&#8217;a rappel&eacute; deux probl&egrave;mes dans le <a href="http://julien.dutant.free.fr/blog/index.php?2006/09/11/73-comment-prouver-qu-il-n-y-a-pas-de-faux-passeport">sophisme du faux passeport</a> expos&eacute; par <a href="http://julien.dutant.free.fr/blog/">Julien Dutant</a>. Une partie de l&#8217;enchainement rh&eacute;torique ne devient plus du tout &eacute;vident lorsque l&#8217;on adopte le point de vue qui va suivre.</p>
<p>Cette partie de la d&eacute;monstration tient plus de la fondation exp&eacute;rientialiste de la construction du processus de cat&eacute;gorisation que de la th&eacute;orie des m&eacute;taphores conceptuelles (dont l&#8217;explication tourne un peu en boucle dans cet ouvrage).</p>
<p>Personnellement, plut&ocirc;t que de m&#8217;attirer des ennuis avec le minist&egrave;re de l&#8217;int&eacute;rieur,  je vais m&#8217;attaquer au lion de la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Place_Denfert-Rochereau">place Denfert-Rocherau</a>.</p>
<h3>La Folk Psychology</h3>
<p>Face &agrave; la statue de place Denfert-Rocherau, que r&eacute;pondrait les passants si on leur posait les questions suivantes :</p>
<p>  - O&ugrave; est le lion ?<br />
  - Est-ce un lion ?<br />
  - Qu&#8217;est-ce que c&#8217;est ?</p>
<p>On peut &eacute;galement imaginer un sc&eacute;nario de dialogue du type :</p>
<p>  - Qu&#8217;est-ce que c&#8217;est ?<br />
    - Si &#8220;lion&#8221; : Alors c&#8217;est &ccedil;a un lion ?<br />
    - Si &#8220;statue&#8221; : On dirait un lion non ? Pourquoi &ccedil;a ne serait pas un lion ?</p>
<p>Je ne suis pas certain qu&#8217;il faille s&#8217;attendre &agrave; de v&eacute;ritables r&eacute;ponses explicites mais plut&ocirc;t se concentrer sur les r&eacute;actions et les expressions d&#8217;incr&eacute;dulit&eacute; ou de recherche de rep&egrave;res. Pourquoi me pose-t-on cette question ? Biens&ucirc;r que c&#8217;est un lion ? Pourquoi veut-il me faire dire que cette statue est un lion ?</p>
<p>Pour le moment je me limiterais &agrave; mon exp&eacute;rience personnelle o&ugrave; je vois effectivement un lion et le fait linguistique que l&#8217;on continue &agrave; dire &#8220;lion&#8221; tout en sachant tr&egrave;s bien que ce n&#8217;est pas un &#8220;vrai lion&#8221; et que c&#8217;est une statue. Cela me garantira la totale non-scientificit&eacute; du fait que par exp&eacute;rience nous cat&eacute;gorisons l&#8217;objet en pierre tronant au milieu de la place Denfert-Rocherau avec le mot LION. Par ailleurs, il me semble que les hypoth&egrave;ses sont relativement simples pour pouvoir &ecirc;tre ins&eacute;r&eacute; dans un protocole exp&eacute;rimental et je suis pr&ecirc;t &agrave; prendre les paris sur l&#8217;issu de ce test !</p>
<h3>Th&eacute;orie des prototypes et cat&eacute;gorisation</h3>
<p>Je vais tenter de reprendre en paraphrasant lourdement l&#8217;argumentation autour des faux fusils utilis&eacute;e par Lakoff en y substituant le faux lion. L&#8217;int&eacute;r&ecirc;t de cette explication du qualificatif &#8220;faux&#8221; est qu&#8217;il permet de continuer &agrave; laisser les gens dire qu&#8217;un lion en pierre est un lion et donc qu&#8217;ils ne se trompent pas en le disant. Je suis &eacute;galement convaincu que le sch&egrave;me qui en ressort est plus simple que celui propos&eacute; par la s&eacute;mantique classique et qu&#8217;elle est &eacute;galement plus proche de l&#8217;exp&eacute;rience mentale des visiteurs de zoo et de la place Denfert.</p>
<p>La th&eacute;orie des prototypes (E. Rosch) est la th&eacute;orie qui postule que les &ecirc;tres humains ne cat&eacute;gorisent pas en termes d&#8217;ensembles mais en termes de prototypes et de ressemblances de famille. Pour aller vite, un prototype est d&eacute;fini comme un complexe r&eacute;current de propri&eacute;t&eacute;s.</p>
<p>BLANC et FAUX sont deux modificateurs que l&#8217;on applique au concept LION. La principale diff&eacute;rence est que pour l&#8217;approche objectiviste de la d&eacute;finition : un LION BLANC est un LION alors qu&#8217;un FAUX LION n&#8217;est pas un LION. BLANC ajoute une propri&eacute;t&eacute; au concept de LION tandis que FAUX s&#8217;applique au concept LION en le transportant le tout vers une autre cat&eacute;gorie qui n&#8217;est pas une sous-cat&eacute;gorie de LION.</p>
<ul>
<li>C&#8217;est un lion blanc alors c&#8217;est un lion.</li>
<li>C&#8217;est un faux lion alors ce n&#8217;est pas un lion.</li>
</ul>
<p>Une telle approche ne nous informe pas sur ce qu&#8217;un faux lion est.</p>
<p>On ne peut pas dire :</p>
<ul>
<li>C&#8217;est un faux lion alors c&#8217;est une girafe.</li>
<li>C&#8217;est un faux lion alors c&#8217;est un fusil.</li>
<li>etc.</li>
</ul>
<p>Pour sortir de cette situation, il faut alors examiner de quelle mani&egrave;re le concept FAUX modifie le concept de LION. Dans le cas du lion, la principale propri&eacute;t&eacute;e sauvegard&eacute;e par le concept de FAUX est que le faux lion doit ressembler &agrave; un LION. Il est ainsi rationnel de parler de la statue comme d&#8217;un lion m&ecirc;me si l&#8217;on a jamais vu r&eacute;ellement un lion et seulement des images de lion. On est en face d&#8217;une propri&eacute;t&eacute; perceptuelle. On peut &eacute;galement dire qu&#8217;un FAUX LION peut en partie &ecirc;tre utilis&eacute; comme un vrai (<em>purposive properties</em>), dans sa fonction symbolique (le lion de Denfert-Rocherau a &eacute;t&eacute; plac&eacute; l&agrave; parce qu&#8217;il representait quelque chose propre au concept de LION)  ou dans sa capacit&eacute; &agrave; faire peur par exemples. Ce qui fait qu&#8217;un faux lion est faut, c&#8217;est qu&#8217;il n&#8217;est pas vivant, il ne fonctionne pas comme un vrai lion. On va convenir qu&#8217;un grand f&eacute;lin d&eacute;guis&eacute; en lion n&#8217;est pas lion car il ne fonctionnera pas exactement de la m&ecirc;me mani&egrave;re d&#8217;un point de vue biologique. Le FAUX LION n&#8217;a &eacute;galement pas &eacute;t&eacute; historiquement un lion : un lion mort reste un vrai lion, un lion empaill&eacute; reste un vrai lion, une imitation m&eacute;canique et robotis&eacute; de lion n&#8217;est pas un vrai lion.</p>
<p>Le modificateur FAUX pr&eacute;serve certains genres de propri&eacute;t&eacute;s de LION et en nie d&#8217;autres. En r&eacute;sum&eacute; :</p>
<p>FAUX pr&eacute;serve : les propri&eacute;t&eacute;s perceptuelles et les propri&eacute;t&eacute;s intentionnelles-attributives.<br />
FAUX nie : les propri&eacute;t&eacute;s fonctionnelles (un vrai lion est un lion biologique)  et l&#8217;histoire du fonctionnement (un faux lion n&#8217;a pas &eacute;t&eacute; un vrai lion)</p>
<p>Fin de la paraphrase. Ce qui fonde la possibilit&eacute; de dire que la statue est un lion est qu&#8217;elle a des propri&eacute;t&eacute;s interactionnelles semblables &agrave; celle d&#8217;un lion alors que leurs propri&eacute;t&eacute;s inh&eacute;rentes (substantiellement parlant) sont strictement diff&eacute;rentes.</p>
<p>Pour information, on appelle des <strong>hedges</strong> les d&eacute;limiteurs qui servent &agrave; &eacute;tendre et rendre linguistiquement coh&eacute;rent une instance de prototype. Le lion du zoo est un lion par excellence. Le lion de la place Denfert-Rocherau n&#8217;est pas exactement un lion, c&#8217;est une statue de lion ou un lion en marbre, un lion &agrave; quelques d&eacute;tails pr&egrave;s. Simba est symboliquement un lion. Pour plus d&#8217;infos : Lakoff, Hedges : A study in Meaning Criteria and the Logic of Fuzzy Concepts in Contemporary  Research in <em>Philosophical Logic and Linguistic Semantics </em>(1975).</p>
<p>La th&eacute;orie des prototypes n&#8217;est pas une forme de platonisme &agrave; partir du moment o&ugrave; elle pr&eacute;cise que les prototypes appartiennent aux syst&egrave;mes s&eacute;mantiques de signes et de symboles ainsi que de sa connexion de la r&eacute;alit&eacute; plut&ocirc;t que des propri&eacute;t&eacute;s r&eacute;elles, objectales, de la r&eacute;alit&eacute;. C&#8217;est une pr&eacute;cision pour moi-m&ecirc;me plut&ocirc;t qu&#8217;un signe pour adh&eacute;rer &agrave; un quelconque Club des Anti-Platoniciens.</p>
<p><img src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/7/7e/AdultSimba.jpg" alt="Simba, le roi lion" /><br />
Source : Wikipedia, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Simba_%28The_Lion_King%29">Simba (The Liong King)</a></p>
<p>Le but n&#8217;est pas de donner le primat &agrave; la forme perceptuelle, ni au degr&eacute; de ressemblance d&#8217;un point de vue picturale. Dans le cadre d&#8217;un safari extr&ecirc;me, si parmi deux chasseurs, l&#8217;un des deux aurait vu quelque chose qui aurait eu l&#8217;air d&#8217;un lion mais qui &eacute;tait une illusion peut facilement s&#8217;attirer les foudres de l&#8217;autre par un signal du type CE N&#8217;EST PAS UN LION, CRETIN. Au contraire, dans une galerie d&#8217;art quelque chose qui ressemblerait moins &agrave; un lion que cette illusion d&#8217;optique peut &ecirc;tre &eacute;lev&eacute; au rang d&#8217;ic&ocirc;ne de lion. Pour le coup, je crois qu&#8217;il faut &eacute;galement avoir en t&ecirc;te les cas o&ugrave; J&eacute;sus et la Vierge-Marie apparaissent sur des gauffres, des sandwichs moisis ou une tache de goudron.</p>
<p>Ce qui est bizarre dans cet exemple est que ce qui fait la diff&eacute;rence objectivement entre un lion en pierre et un lion biologique, celle qui nous pourrait paraitre la plus importante, ne fait pas parti du &#8220;contenu non-n&eacute;gociable&#8221; (pour parler comme les socio-psychologues : un &eacute;l&eacute;ment repr&eacute;sentationnel qui fonde la distinction entre ce qui est un A (objet ou pratique) et ce qui n&#8217;est pas A). On pourrait ainsi d&eacute;river vers les raisons qui poussent un enfant &agrave; jouer avec un pistolet en plastique, comme si c&#8217;&eacute;tait un vrai pistolet tout en sachant que ce n&#8217;est pas un vrai pistolet. Tr&egrave;s t&ocirc;t dans notre exp&eacute;rience nous sommes amener &agrave; nommer et &agrave; manipuler des objets &#8220;faux&#8221; cad qui sont des contenus issus d&#8217;un prototype et qui sont priv&eacute;s de l&#8217;attribut qui transforme un contenu en contenu v&eacute;ritable.</p>
<p>Autre digression au passage, il pourrait &ecirc;tre marrant d&#8217;enregistrer la diff&eacute;rence de r&eacute;action lorsque l&#8217;on offre une voiture miniature &agrave; un enfant et &agrave; un jeune adulte et qu&#8217;on leur dit que l&#8217;on va leur donner une voiture. Dans un cas, c&#8217;est un cadeau dans l&#8217;autre c&#8217;est une blague qui peut &ecirc;tre plus ou moins bien prise en raison d&#8217;un abus de langage inh&eacute;rent aux conventions culturelles et non &agrave; l&#8217;objet en lui-m&ecirc;me.</p>
<p>Histoire de conclure, je me demande si l&#8217;origine d&#8217;une telle distinction est possible et originaire d&#8217;un anglophone parce qu&#8217;il existe deux mots pour d&eacute;signer la fausset&eacute; : fake et false alors qu&#8217;en fran&ccedil;ais nous dirions &laquo; faux &raquo; pour les deux cas. Avec &laquo; fake &raquo;, on se trouve imm&eacute;diatement dans la signification de l&#8217;imitation et non pas dans l&#8217;opposition vrai-faux ; ce qui a certainement des cons&eacute;quences sur la mani&egrave;re de comprendre un &#8220;faux&#8221; objet.</p>
<h3>Dans le four</h3>
<ul>
<li>De nouveau du N. Goodman avec <em>Of Mind and Other Matters</em></li>
<li>Finir la lecture de Cognition and Categorization (E. Rosch et B. Lloyd)</li>
<li>Continure la piste J.S. Bruner</li>
</ul>
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		</item>
		<item>
		<title>Sous le plagiat les pavés</title>
		<link>http://jdr.cendres.net/2007/02/23/sous-le-plagiat-les-paves/</link>
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		<pubDate>Thu, 22 Feb 2007 23:14:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tam Kien Duong</dc:creator>
		
	<dc:subject>Connaissance(s)</dc:subject>
	<dc:subject>Ethno-nombrilisme</dc:subject>
	<dc:subject>Coups de langage</dc:subject>
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		<description><![CDATA[Lors du séminaire du 15/02/2006 d&#8217;anthropologie linguistique de l&#8217;EHESS, F. Zimmerman mettait en évidence une forme de répétition entre deux auteurs. L&#8217;intérêt était que le second auteur chronologique ne faisait pas mention du premier alors qu&#8217;il paraît évident qu&#8217;il ne s&#8217;agit pas seulement d&#8217;une communauté de pensée mais d&#8217;une reproduction assez exacte d&#8217;un même énoncé.
Sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Lors du <a href="http://anthropologielinguistique.fr/vivavoce/index.php?id=73" title="séminaire du 15/02/2006 d'anthropologie linguistique">séminaire du 15/02/2006 d&#8217;anthropologie linguistique</a> de l&#8217;EHESS, F. Zimmerman mettait en évidence une forme de répétition entre deux auteurs. L&#8217;intérêt était que le second auteur chronologique ne faisait pas mention du premier alors qu&#8217;il paraît évident qu&#8217;il ne s&#8217;agit pas seulement d&#8217;une communauté de pensée mais d&#8217;une reproduction assez exacte d&#8217;un même énoncé.</p>
<p>Sur le moment, je trouvais le procédé de mise en évidence assez douteux (quel en était l&#8217;intérêt ? l&#8217;utilité ?). Personnellement lorsque j&#8217;écris, j&#8217;ai une certaine peur de répéter involontairement (parce que je n&#8217;ai pas lu ou que je ne me souviens pas avoir lu) quelqu&#8217;un. Tenir comme règle de toujours devoir savoir si quelque chose n&#8217;a pas déjà été dit parce quelqu&#8217;un d&#8217;autre introduit des hypothèses intenables : Est-ce que c&#8217;est plus ou moins grave de ne pas citer quelqu&#8217;un qui n&#8217;est pas connu ou bien justement de s&#8217;éviter une référence supplémentaire parce que la personne est connue ? Après cela, il est alors facile de mettre un dispositif éthique qui diminue la nécessité de recourir systématiquement à des références vers d&#8217;autres auteurs tout en déculpabilisant.</p>
<p>Ce qui devrait compter c&#8217;est l&#8217;argumentation interne et non l&#8217;importation du fait qu&#8217;un énoncé a déjà été utilisé dans une autre argumentation. Cependant s&#8217;il est facile d&#8217;être aussi catégorique pour des énoncés qui semblent anodins mais qui font laissions, est-ce qu&#8217;il est possible de tenir un tel raisonnement pour des énoncés avec une faible probabilité d&#8217;être reproduits identiquement (comme c&#8217;était le cas lors du séminaire) ? Ces questions révèlent la présence d&#8217;un système d&#8217;autorité structurant la société de la connaissance dans laquelle évolue pratiques et productions discursives. L&#8217;attention portée à la violation d&#8217;une règle du système d&#8217;autorité personnelle (ne pas rendre une citation complète, ne pas signifier la provenance nominale d&#8217;un énoncé) dévoile le déséquilibre entre l&#8217;importance de ce qui est dit (l&#8217;autorité argumentative) par rapport à l&#8217;énonciateur précédent ; comme si le précédent n&#8217;était pas lui même soumissible à un test de paternité. Du coup, je me dis que ça fait beaucoup de tracas et que d&#8217;un point de vue pragmatique, ce genre de pratique n&#8217;a pas beaucoup de valeur. Il est par contre certain et indéniable qu&#8217;il y a un véritable problème moral car dans les faits il peut y avoir atteinte et malhonnêteté.
</p>
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		</item>
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		<title>Failing in love studies - Recherche de matériaux</title>
		<link>http://jdr.cendres.net/2006/11/08/failing-in-love-studies-recherche-de-materiaux/</link>
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		<pubDate>Wed, 08 Nov 2006 20:42:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tam Kien Duong</dc:creator>
		
	<dc:subject>Connaissance(s)</dc:subject>
	<dc:subject>Premiers pas</dc:subject>
	<dc:subject>Coups de langage</dc:subject>
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		<description><![CDATA[Si une bonne partie de la littérature sur la relation amoureuse s&#8217;est concentrée sur le moment de la formation sous tous les angles possibles. D&#8217;Alberoni à Barthes en passant par Chaumier ou les livres de Gray (Mars et Vénus &#8230;) et les livres de développement personnel, tout ce qui compte et est étudié c&#8217;est le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si une bonne partie de la littérature sur la relation amoureuse s&#8217;est concentrée sur le moment de la formation sous tous les angles possibles. D&#8217;Alberoni à Barthes en passant par Chaumier ou les livres de Gray (Mars et Vénus &#8230;) et les livres de développement personnel, tout ce qui compte et est étudié c&#8217;est le début et le commencement, il me semble que l&#8217;analyse du couple et de la relation amoureuse met souvent de côté un autre moment de la relation : la rupture. Le sujet est parfois évoqué rarement décrit ou partagé entre les différentes analyses. L&#8217;idée serait donc de commencer une étude post-<a href="http://www.fallinginlovecenter.it">Falling in Love center</a>.</p>
<p>Dans le cadre de ma recherche sur le rapport entre langage et réalité sociale, j&#8217;essaie actuellement de collecter des extraits de correspondance amoureuse. De manière plus précise, je voudrais constitué pour le moment un corpus de <strong>courriers électroniques de rupture</strong>.</p>
<p>Pour l&#8217;instant, dans la mesure du possible, me transmettre tout ça par courrier électronique mais s&#8217;il y a de la demande, je peux faire une page web où il suffira de copier-coller le texte.</p>
<p>Évidemment tout cela reste anonyme : les noms seront changés et les faits autant que possible. Ce qui m&#8217;interesse avant tout c&#8217;est les formes rhétoriques incluses pour formuler un ensemble fini de raisons. J&#8217;ai bien conscience qu&#8217;une partie de la population pratique volontier une politique de la terre brûlée facilité (ou non) par le côté électronique de l&#8217;archivage et que le sujet peut être douloureux et vraiment intime.</p>
<p>Faîtes avancer la science en léguant les dépouilles de vos couples.</p>
<p>(Cette annonce est tout à fait sérieuse et il n&#8217;y a rien de précis à voir entre l&#8217;auteur et le sujet)
</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Il y a autant de que de</title>
		<link>http://jdr.cendres.net/2006/11/04/il-y-a-autant-de-que-de/</link>
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		<pubDate>Sat, 04 Nov 2006 02:11:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tam Kien Duong</dc:creator>
		
	<dc:subject>Connaissance(s)</dc:subject>
	<dc:subject>Coups de langage</dc:subject><dc:subject>sophisme</dc:subject>
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		<description><![CDATA[La forme énonciative « Il y autant de x que de y » (ex. il y autant de philosophies que de philosophes, il y autant de théories que de théoriciens sont les instances que je rencontre régulièrement) est assez répandu aussi bien dans les textes écrits que de nombreux discours parlés. Il serait possible de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La forme énonciative <strong><a href="http://www.google.fr/search?hl=fr&#038;c2coff=1&#038;q=%22il+y+a+autant+de%22+%22que+de%22&#038;btnG=Rechercher&#038;meta=">« Il y autant de x que de y »</a></strong> (ex. il y autant de philosophies que de philosophes, il y autant de théories que de théoriciens sont les instances que je rencontre régulièrement) est assez répandu aussi bien dans les textes écrits que de nombreux discours parlés. Il serait possible de croire que les énonciations de ce type n&#8217;ont que la prétention sémantique de mettre en avant un rapport quantitatif entre une population x et une population y.</p>
<p>Ses éléments sont simples et sa syntaxe n&#8217;est pas d&#8217;une complexité cependant que faut-il supposer ou laisser croire lorsque de l&#8217;application d&#8217;une sémantique formelle qui rendrait l&#8217;énoncé équivalent à « x = y » ?</p>
<p><a id="more-23"></a></p>
<p>Il faut d&#8217;abord remarquer qu&#8217;étrangement ce rapport quantitatif semble toujours être celui de l&#8217;égalité ou de la ressemblance. Il est assez peu courant de dire « Il y a plus/moins de x que de y » dans le langage ordinaire qui n&#8217;est pas celui des rapports d&#8217;études statistiques.</p>
<p>La réponse à ce genre de réplique est rarement une négation pure et simple du type « il n&#8217;y a pas autant de x que de y ». Cela semble tenir au fait que l&#8217;énoncé initial comme sa négation son difficillement vérifiable ou falsifiable.</p>
<p>Pour exemple, j&#8217;espère qu&#8217;Evan ne m&#8217;en tiendra pas rigueur, l&#8217;exemple traînant dans les commentaires de ma fiche de lecture sur <a href="http://jdr.cendres.net/2006/11/01/stupidity/">Stupidity</a> :</p>
<blockquote><p>Au final, (en réalité) il y a certainement autant de bêtises que d’individus ou que de situation.</p></blockquote>
<p>Qu&#8217;il est possible de transformer sans perdre le sens de la formulation qui est l&#8217;objet de ce billet.</p>
<blockquote><p>Il y a autant de bêtises (x) que d’individus (y).</p></blockquote>
<p>D&#8217;une manière triviale, on peut constater que y est souvent une population à très large effectif et surtout connu (d&#8217;une manière naïve). Poser la question &#8220;quel est le nombre d&#8217;individus ?&#8221; dans la rue ne devrait pas attirer un fort taux de non-réponses alors que demander &#8220;quel est le nombre de bêtises ?&#8221; est certainement plus problématique.</p>
<p>Personnellement, j&#8217;interprète d&#8217;abord cette énonciation comme tentative de dire que la tâche du dénombrement, de la typification et de la catégorisation est tout bonnement trop fastidieuse et donc presque impossible. Il serait certainement possible de répondre à la question de la quantité des types de bêtise mais seulement au prix « du travail de toute une vie ». Mais cette interprétation est déjà un signification seconde puisque dans une sémantique stricte, cet énoncé ne veut dire que x = y. Cette signification première se trouve donc superposée avec d&#8217;autres significations dépendantes (il existe une certaine relation d&#8217;égalité ou de ressemblance qualititative) et une signification rhétorique (on peut plus rien dire après cela).</p>
<p>Il est possible dire que que cette forme énonciative possède un sens rhétorique terminal dans la mesure où son usage signifie quelque chose de précis dans le déroulement rhétorique et argumentatif d&#8217;une conversation. Généralement, mais cela n&#8217;est qu&#8217;une hypothèse qu&#8217;il faut vérifier dans le vaste corpus des discussions théoriques, les énoncés mis en place dans ce type de dispositif clôture un texte ou un embranchement des énoncés à vérifier ou à justifier. Il est possible d&#8217;y ajouter un « donc » implicite du type « donc arrêtons de parler/de calculer x une connaissance précise de x ». En laissant la place à un sous-entendu sur l&#8217;indéfini et l&#8217;infini de y auquel on compare x, ce genre d&#8217;énoncés ne peut être utilisé autrement que pour sous-entendre qu&#8217;il n&#8217;est pas possible d&#8217;en avoir une connaissance fine.</p>
<p>L&#8217;une des particularités de cette forme, c&#8217;est également qu&#8217;elle fonctionne de manière autonome. Il suffit de s&#8217;emparer d&#8217;un signe voisin dans le texte (la bêtise, la théorie etc.) et de le mettre en relation avec un de ses propres voisins. Elle n&#8217;a pas besoin d&#8217;avoir de véritable rapport avec le restant du discours et engage rarement un développement à partir de lui-même. Cette forme est rarement suivi d&#8217;un « parce que ». Je n&#8217;ai jamais vu, par exemple, une justification selon laquelle tous les théoriciens possédaient de fait une théorie qui leur était propre (si l&#8217;on tente de dire que sa pensée, quelque soit sa richesse est sa théorie, dans un grand élan de flou artistique) ou si l&#8217;on admet qu&#8217;il y a des fluctuations, qu&#8217;il y a entre 0 et un certain nombre de théories par théoriciens, alors la moyenne est d&#8217;environ 1. Le rapport x/y (théorie(s)/théoricien) introduit un glissement qui permet de conclure qu&#8217;il est impossible de dénombrer, même à peu près, les théories. Pour le dire plus simplement, cet énoncé se présente souvent sous la forme d&#8217;une Lapalicade, c&#8217;est-à-dire un morceau de texte dont il ne faudrait pas douter car il est présenter comme <em>a priori</em> vrai. Et bien entendu où il ne faut pas douter, les obsessionels de la connaissance débarque pour voir les lieux du crime, de la suspension de l&#8217;intelligence.</p>
<p>Ce qui me permet d&#8217;en parler c&#8217;est donc le côté à la fois <em>a priori</em> vrai et le côté douteux de ce genre d&#8217;énonciation que je rangerai dans la catégorie des sophismes car elle permet d&#8217;imposer une idée ou une volonté (celle d&#8217;arrêter le débat sur ce point) lorsqu&#8217;elle est énoncée et produisant des effets sur les interlocuteurs. Ces effets ne dépendent pas du sens premier de l&#8217;énoncé mais de tout ce qu&#8217;il sous-entend et trompe la vigilance de l&#8217;acte compréhension. Il est ainsi possible d&#8217;accepter la validité à tous les niveaux formels admis par la linguistique non-sociale et d&#8217;occulter ce que cherche à faire cet énoncé. Cette invisibilité montre ses contours à partir où est inclut le fait social dans le langage (quand la linguistique devient socio-linguistique). La masquarade ainsi mis en place est ce qui peut avoir lieu grâce à la fonction rhétorique de l&#8217;énoncé.</p>
<p>Pour résumé, ce qui fait la force de ce type d&#8217;énoncé est donc :</p>
<ul>
<li>qu&#8217;il est rarement justifiable</li>
<li>et que l&#8217;on ne cherchera pas à justifier parce qu&#8217;apparement vrai</li>
<ul>
<li>mais qu&#8217;il sert à justifier sa position dans le discours</li>
</ul>
<li>et rendant cette position injustifiée dans la logique</li>
<ul>
<li>mais justifiée par l&#8217;acte de parole</li>
</ul>
<li>ce qui le rend effectif.</li>
</ul>
<p>Maintenant, il ne reste plus qu&#8217;à voir s&#8217;il y a autant de sophismes que d&#8217;énonciation.
</p>
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