État d’une absence

Si je ne donne pas beaucoup de nouvelle de mes recherches, c’est que je n’ai pas échappé aux premiers pas de tous thésards en début de préparation de thèse. Je devrais bientôt réduire mon temps de travail dédié à autre chose que ma thèse (pour l’instant 3 jours par semaine et après 4 jours par semaine) et même si dans mon activité extra-thèse, j’ai pu rencontrer un linguiste c’était surtout par hasard. En prévision d’une reprise plus sérieuse, un petit état des lieux.

En plaçant mes travaux sous le drapeau du PRI Anthropologie Linguistique, c’est que je me donnais comme contenu non-négociable le rapport intime qu’il existe entre un acteur et la cohérence sociale de sa scène langagière. Je me pensais également très malins avec mes connaissances sur la pragmatique linguistique et la sociolinguistique que je n’hésitais à revendiquer comme étant la linguistique à la suite de Labov ou de Calvet. Puis je me suis mis à écouter des linguistiques qui font de la linguistique, le temps de comprendre les simplifications que j’avais appliqué à la phonologie ou la tradition générativiste, j’ai commencé par ne pas comprendre grand chose et puis je me suis dit qu’il fallait que je rattrape mon retard. Il est toujours intéressant de constater les similitudes mais aussi les fossés qui séparent la linguistique du reste des sciences sociales même quand on parle de méthode et d’objets identiques (« Les retranscriptions d’entretien, c’est intéressant mais seulement à titre exploratoire »).

Je place quelques espoirs dans les grammaires de construction pour m’aider à faire l’interface entre linguistique et sociologie de la philosophie. Je pense que cela d’autant plus opératoire que j’espère (de nouveau) aussi pouvoir mettre en place des expériences de psychologie sociale en complément des observations de terrain et analyses linguistiques.

Ce qui m’amène pour l’instant à prévoir une redéfinition de l’administration des preuves dans les différentes hypothèses posées dans mes travaux. Le plan et la problématique ne changent pas fondamentalement ; du coup je ne sais pas trop si j’échappe ou si je repousse une étape dans cette longue aventure. Mais il faut aussi que je me documente, que je retrouve des outils. J’espère bientôt pouvoir écrire quelques trucs ici sur l’analyse de corpus via R. Je passe donc aussi un peu de temps à réfléchir et à collecter divers corpus et à les annoter sommairement.

J’ai pas encore trop planifier la construction de mon terrain (panel) de philosophes ce qui va sûrement me retomber rapidement dessus en terme d’organisation du temps. Mais je commence à trouver des grilles de lecture et avoir une bibliographie pas trop tortueuse (qui ne nécessite pas une herméneutique) de textes du rapport qu’ont entretenu certaines personnes avec la philosophie.

Et après cela, j’ai encore un peu de temps pour écrire surtout sous la forme de brouillonage pas très productif. Il faut vite que je me défasse du « encore tant d’années » …

Si j’ai lu de la sociologie dernièrement ? J’ai feuilleté les nouveautés la dernière fois que je suis allé à la librairie, ça compte ?